C’est une belle
promenade à laquelle nous convie Fabé, au travers de ses œuvres
originales. Ses scènes de rue, tranquilles et sereines mettent en
présence des lieux simples et riches à la fois, riches de lumière et
riches de présence, ainsi que des personnages qui semblent deviser en
toute paix, dans une sorte de suspension du temps dont on rêve tous un
jour ou l’autre, lorsqu’on goûte aux moments heureux que l’existence
procure. Fabé maîtrise parfaitement toutes les techniques, dessin,
pastel, crayon, mine de plomb, fusain, acrylique et surtout peinture à
l’huile au couteau, et ses œuvres sont essentiellement des peintures à
l’huile sur toile. Né à Dijon en 1967, il a débuté par des études d’arts
graphiques à Paris qui l’ont ensuite mené à réaliser des affiches
publicitaires, des décors pour le théâtre, et s’est toujours senti plus
attiré par la peinture que par le graphisme. Ses débuts en peinture ont
été assez synthétiques, en ce qui concerne les formes, rappelant le
cubisme coloré. Concernant ses orientations, elles ont toujours été
doubles, constituées d’une attirance pour l’abstraction au niveau de la
matière et pour le figuratif pour le panel des sujets.
Plus tard, il est
revenu au dessin, au trait, ce qui lui a permis de trouver beaucoup plus
d’ouvertures, que ce soit au niveau de la lumière, de la couleur et de
la matière. Afin de mieux s’imprégner de la lumière et des lieux, Fabé a
séjourné durant six mois en Allemagne et deux ans en Sicile, en des
endroits possédant une lumière et une atmosphère particulières. Certains
diront qu’il reste quelque chose d’onirique dans le traitement de ses
sujets qui sort un peu d’une réalité figurative. Il travaille
actuellement sur ces superpositions de couleur au couteau, sur des bases
figuratives, de façon à donner une espèce de vie à la lumière.
Dans ses tableaux, la
nature et la cité se côtoient sans heurt, et le calme des ruelles et
des arches et porches, n’a d’égal que celui des personnages qui y
évoluent ou que celui de la nature si bien peinte, avec originalité,
mais toujours de manière agréable. Ainsi, on pourra être surpris pas la
couleur de Verger aux trois arbres, mais il n’y a rien de
choquant, au contraire. Tout dans l’œuvre de Fabé est une invitation à
partager, à goûter l’instant, à s’étendre en un Carpe diem durable et
éternel, dans un environnement de couleurs judicieusement choisies pour
surprendre sans choquer, étonner sans bousculer, attirer l’œil du
visiteur, sans l’agresser. Sur un banc, Dans un parc,
Café sur place, autant d’œuvres exposées dans lesquelles on aimerait
plonger pour aller se poser, s’asseoir et laisser le temps s’écouler
doucement dans une atmosphère chaudement colorée, faite d’entente,
d’harmonie, de calme. Oui, les tableaux de Fabé ont quelque chose de
séduisant et touchant à la fois, d’original et d’apaisant à la fois. A
ne pas manquer. G.E. Leininger